BIOGRAPHIE
DÉMARCHE ET ÉVOLUTION ARTISTIQUE _____________________
DANIEL
LACOMME

À la question qui revient souvent « quand avez-vous commencé la peinture ? » je réponds toujours qu’il n’y a pas eu de début. Enfant je faisais de la peinture comme tous les enfants, sauf que je n’ai pas arrêté. Comme tous les adolescents j’ai écrit des poèmes mais j’ai continué après. Aussi faire une carrière artistique c’est d’abord réaliser un rêve d’adolescent : celui de viser au plus haut qu’on puisse apercevoir, un idéal entrevu et s’attacher à le réaliser.
Après le Bac cuvée 1968, j’ai quelque peu hésité entre écrire et peindre, entre plume et pinceau, entre la Sorbonne et les Beaux-Arts. Je suis entré à l’Ecole des Beaux-Arts pour n’en sortir qu’en 2001. Le hasard des rencontres ayant fait que l’on m’a confié un rôle d’enseignant sans transition avec celui de modeste élève. Le creuset artistique et intellectuel dans cette école à cette période a été le parfait milieu pour développer librement et dans un projet sans concession les débuts de ma démarche de peintre. Ce fut aussi la période des voyages à buts culturels de découverte des grands musées et sites archéologiques du monde.
Donc une vingtaine d’années de peinture indépendante presque entièrement dans l’abstraction et les noirs, après trois ans de travail centré sur le dessin : la peinture dans l’abstrait comme exploration du domaine de la forme, et le dessin pour lui donner une ossature observée sur le modèle.
Le chemin suivi a pu être l’exploitation des voies ouvertes au début, leur déclinaison dans les techniques qui sont à proximité immédiate du métier de peintre : la lithographie, la gravure en taille-douce, le dessin, le collage, le livre d’artiste ; ceci en parallèle de ce qui pourrait être le « noyau dur » de la peinture : l’élaboration formelle et la couleur, presque toujours sur papier marouflé sur toile.
L’écriture et l’enseignement ont toujours été une activité essentielle : celle de transmettre, directement dans des stages et des ateliers à Paris ou ailleurs, ou indirectement dans des ouvrages didactiques qui se diffusent d’eux-mêmes en France et pays francophones, ou plus loin grâce à la traduction (Collection l’Atelier Vivant chez Bordas).
D’autres centres d’intérêt m’ont porté vers la construction (ensemble architectural à vivre et à restaurer en quelque coin de la Provence), vers la musique dans une démarche active de mélomane, ponctuée de quelques essais, études ou collaborations, vers certaines sciences, astronomique et entomologique avec pour cette dernière quelques espèces nouvelles nommées, découvertes au gré d’incursions régulières en milieu équatorial.
Ces deux dernières sciences de la nature alimentent sans doute profondément ma démarche picturale par l’immense recul qu’elles donnent sur un métier, considéré par certains comme historiquement dépassé. Au contraire, l’aventure que représente pour moi la construction au quotidien d’une œuvre est ce qui permet de vivre pleinement son époque, d’éprouver la véritable modernité et développer la poésie qui est le langage commun, au-delà des codes, des classes et des particularismes.
Daniel Lacomme
